Notre cerveau n’entend que l’affirmatif

5 juin 2018,  Article - actu / médias

De nombreuses études montrent que notre cerveau ne fait pas la différence entre la reconnaissance matérielle ou immatérielle. Par exemple, une augmentation ou une prime a un effet bénéfique sur un temps aussi court que l’effet d’un signe immatériel.

Et également, nous savons aujourd'hui que le cerveau n'entend pas les négations.

En tant que managers, nous avons compris qu’il nous faut rester positifs pour impulser une bonne énergie à nos équipes. Nous faisons un management positif de manière assez naturelle. Instinctivement, nous sentons que c’est la bonne attitude.

Mais avoir un management positif, ce n’est pas uniquement envoyer de bonnes ondes. C’est aussi une manière de formuler ses phrases. En effet, le cerveau n’est pas programmé pour comprendre la négation.

Qu’est-ce que cela signifie ? Prenons un exemple. Si je vous demande de ne pas penser à une baleine, vous allez immédiatement penser à une baleine. Ensuite, vous allez vous dire que vous devez oublier cet animal et arrêter d’y penser.

En réalité, le cerveau ne peut pas comprendre « ne pas penser à une baleine ». Il est obligé d’imaginer ce qu’il est possible de faire, puis se dit qu’il ne faut pas le faire.

Ainsi, le cerveau ne peut pas comprendre la négation. Il sera forcément obligé de passer par la case « ce qu’il faut faire ». Ensuite, il imaginera l’inverse, « ce qu’il ne faut pas faire ».

Les impacts sont très puissants. Imaginons que nous sommes en train de conduire. Notre conjoint nous dit, par exemple, de ne pas regarder à droite. Nous allons imaginer regarder à droite puis nous allons nous dire de ne pas le faire. Cependant, à l’instant où nous allons imaginer regarder à droite, notre regard a de grandes chances de se porter sur la droite. Cela n’arrivera peut-être pas à 100 % du temps. Cependant, dans la majeure partie des situations nous allons regarder à droite. Ce qui est déjà énorme.

Ainsi, lorsque nous employons une tournure négative avec quelqu’un, il va penser positivement, être incité à faire l’action (voir il va passer à l’action), puis se désister. Si je dis à un enfant de ne pas manger de bonbons, la réaction en général sera que l’enfant aura une très grande envie de manger des bonbons. Même si l’enfant ne mange pas de bonbons, il est certain que nous avons décuplé son envie d’en manger. Ainsi, sans le vouloir, en utilisant des formulations négatives, nous allons inciter nos interlocuteurs à faire ce que nous ne voulons pas qu’ils fassent. Nous prenons donc le risque de les envoyer vers le mauvais chemin.

Les impacts seront les mêmes pour nos équipes. Si en tant que managers, nous disons à un de nos employés qui prend la route pour se rendre à un séminaire, « ne prend pas risques », nous allons lui faire penser à l’idée de prendre des risques. Nous allons éveiller en lui la possibilité qu’il puisse y avoir des risques à prendre. De plus, il ne l’avait peut-être jamais imaginé. Les idées étant comme des graines, elles finissent souvent par germer.

Pour les managers, il est essentiel de donner un cadre de ce que nous pouvons faire plutôt que ce que nous ne pouvons pas faire. Il sera maladroit de dire : « tu n’as pas le droit de faire des actions qui nuisent au travail de tes collègues et à la relation avec tes clients dans la mesure ou elles ne coutent pas plus de 200 euros ». Ainsi, le collaborateur va surement imaginer des actions qui nuisent au travail de ses collègues et aux clients et qui coutent plus de 200 euros avant de se dire de faire l’inverse.

Et finalement, qu’est-ce que l’inverse ? Notre collaborateur a imaginé des actions négatives, pour ensuite se dire qu’il ne faut pas les faire. Mais finalement, il ne sait pas précisément ce qu’il faut faire.

Il vaut mieux dire : « tu as le droit de prendre toutes les initiatives possibles si elles respectent le travail de tes collègues et satisfont nos clients dans la mesure où elles coutent au maximum 200 euros ».

Ainsi, le collaborateur est directement guidé sur le bon chemin. Ceci sans avoir imaginé d’actions négatives et en sachant précisant ce qu’il peut faire.

 

En complément sur le management positif

Avoir une attitude positive dans notre positionnement énergétique et utiliser l’affirmation dans notre manière de nous exprimer sont donc essentiels. Un management positif nous permet d’impulser la réussite collective.

Ce qui est certain, et que nous pouvons retrouver dans le livre « L’intelligence émotionnelle » de Daniel Goleman, c’est que les optimistes et les personnes positives, réussissent mieux et traversent mieux les difficultés. Notre manière de concevoir le monde, nos « métaphores de vie » vont profondément influencer et impacter notre réussite.

Alors, restons positifs, exprimons-nous positivement, et nous maximiserons les chances d’atteindre nos objectifs !